Publié : 26 mars 2025 à 20h26 par Hélène Gosselin

Une histoire d'amour et de crainte entre l'Homme et l'ancien roi des animaux

Le musée du Gévaudan sort les griffes avec sa nouvelle expo temporaire "Ours : Mythes et réalités"

Cinq spécimens naturalisés ont été installés dans une salle du musée
Cinq spécimens naturalisés ont été installés dans une salle du musée
Crédit : Hélène Gosselin

L'année dernière, on était dans la peinture classique. Cette année rien à voir, le musée du Gévaudan sort les griffes. Avec l'exposition temporaire « Ours : mythes et réalités », il nous emmène dans une exposition naturaliste. Sur les traces d'un animal qui soulève passions et fantasmes. Hélène Gosselin a visité l'exposition en avant-première, avec Vincent Lhermet, agent de médiation du musée.

Cette exposition a été réalisée par le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse. Dès le départ, on se retrouve face à la bête, ou plutôt à son crâne, en version ours des cavernes. 

Très tôt en Lozère, il y a eu des ours des cavernes déjà, et ensuite il y a eu de l'ours brun jusqu'au 14e, 15e siècle. Dès le néolithique, les Hommes et les ours ont eu leurs chemins qui se sont croisés.

Dans un premier temps, l'ours était le roi des animaux, mais il a été rétrogradé au Moyen Âge par l'Église qui voyait cette idolâtrie comme païenne. 

L'image de l'ours puissant et admiré du Moyen Âge a été bousculé. Il a été dénigré. Est venue de temps où on a dompté les ours dès le plus jeune âge pour les montrer dans les foires. Il était ridiculisé et il est devenu animal de cirque du Moyen Âge jusqu'au début du 20e siècle. 

Puis vint l'époque du Teddy bear, l'ours en peluche né d'une anecdote liée à Théodore Roosevelt, qui revint bredouille de la chasse.

Dans la 2e partie de l'exposition, on s'intéresse à la biologie de l'animal avec notamment cinq spécimens naturalisés de diverses tailles. Pour l'anecdote : le musée devait accueillir un ours polaire adulte, mais il ne pouvait être transporté dans les escaliers, alors c'est un adolescent qui est présenté dans l'exposition. 

Il existe huit espèces d'ours sur le globe. En Europe, c'est l'ours brun, l'ours qui est dans les Pyrénées et c'est celui qui a la plus grande aire de répartition dans le monde. On le trouve de l'est de la Russie, toute la Russie, au nord de l'Europe et en Amérique du Nord aussi. Le grizzli est un ours brun, même s'il fait trois fois la taille d'un ours européen. 

Pour finir, on se penche sur la cohabitation entre les Hommes et les ours, notamment dans les Pyrénées. 

Il n'y avait plus que 5 individus dans les années 90 et c'est pour ça que les état français et espagnol ont décidé de réintroduire les ours issus de Slovénie. Ça a très bien marché sur le plan démographique. Il y avait 5 ours dans les années 90. Et aujourd'hui, au dernier comptage, on est autour de 85. Le problème est qu'ils sont en très grande majorité nés d'un seul mâle et de deux femelles. La consanguinité entraîne des problèmes de santé.

Alors, serait-il envisageable d'avoir de nouveau des ours en Lozère ? Pas vraiment. L'ours est solitaire et sa capacité de dispersion est bien moins importante que celle du loup. Le seul moyen d'en voir est donc d'aller visiter l'exposition. 

Le vernissage est prévu ce jeudi 26 mars à 18h. Ensuite, le musée rouvre pour la saison à partir de samedi 29 mars avec une grande fiesta

Vues de l'exposition "Ours entre mythes et réalités"

Exposition Ours entre mythes et réalités
Exposition Ours entre mythes et réalités
Exposition Ours entre mythes et réalités
Exposition Ours entre mythes et réalités
Exposition Ours entre mythes et réalités
Exposition Ours entre mythes et réalités
Exposition Ours entre mythes et réalités