Publié : 28 octobre 2024 à 20h10 par Stéphane Jacquemin
Le bâtiment corrézien « dans le creux de la vague »
Avant son assemblée générale, le BTP 19 a précisé la situation locale et la Corrèze, malgré une forme de résilience, n’échappe pas à la règle : le secteur du bâtiment traverse une crise.
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Parmi les indicateurs les plus marquants, la construction neuve en berne , notamment pour l’individuel : moins 34,5 % l’an passé, moins 18,5 % à la fin du mois d’août.
« Il y a une crise » explique Rachel Coudre-Bourgeon, la présidente de la fédération française du bâtiment en Corrèze, « peut-être moins que dans les grandes métropoles, par contre, sur le pavillon, oui, il y a une très sérieuse baisse puisque les les clients n'arrivaient pas à accéder au crédit et du coup, ça a tout gelé »
« La perspective, si on se projette sur la fin de l'année, c'est aux alentours de 350 permis, on est à 3 fois et demi moins élevé qu'en 2008 » confirme Frédéric Villeneuve, le représentant des constructeurs individuels en Corrèze au sein de la Fédération.
Des mesures attendues
La profession attend des mesures : « Ré-introduire le prêt à taux zéro dans l'accession parce qu'on sait que ça va favoriser la primo-accession qui aujourd'hui est inexistante ; je pense que le primordial, c'est ça » précise Frédéric Villeneuve.
Au-delà de la construction neuve, les restrictions budgétaires défendues par le gouvernement risquent aussi d'avoir des conséquences précise Rachel Coudre-Bourgeon.
« Les changements qu'on nous annonce, notamment pour les salaires, des exonérations qu'on avait et qu'on perdrait, risquent d’augmenter nos coûts de revient, ce qui correspond pour nos clients à une augmentation des prix ».
Des restrictions budgétaires qui vont aussi impacter les collectivités locales alors Rachel Coudre-Bourgeon lance un appel pour éviter un effet domino sur la commande publique.
La résilience corrézienne
Tant au niveau de l’emploi qu’au niveau des cessations d’activités, la Corrèze est encore aujourd’hui relativement épargnée. 22 défaillances d’entreprises (des liquidations ou redressements judiciaires) ont néanmoins été enregistrées ces 4 derniers trimestres dans le département.
« En fait la Corrèze est un territoire assez résilient » explique Rachel Coudre Bourgeon. « Pourquoi ? Parce qu'on n'était pas en expansion fabuleuse et donc, on ne peut pas descendre de façon vertigineuse non plus ! Par contre ce que les entreprises ressentent, c'est des trésoreries très basses avec des délais de paiement qui peuvent s'allonger ».
Les effectifs du secteur restent stables en Corrèze avec un peu plus de 5400 salariés.
« C’est une vague, là il y a un creux, mais on va garder nos collaborateurs, on continue à former, on a beaucoup d'apprentis. Pour les entreprises où il y a eu de « la casse », on a à peu près réussi à replacer nos salariés. En revanche, si jamais ça dure, ben il n’y a pas de secrets, si on ne peut pas donner de boulot à nos gars, il faudra qu'on trouve une solution…. »