Publié : 25 mars 2025 à 11h01 par Hélène Gosselin

Violences dans le sport. Deux éducateurs sportifs Lozériens ont été interdits d'exercer en 2024

Ce lundi soir, une réunion de sensibilisation a réuni 150 personnes à l'Espace Georges Frêche à Mende

Une affiche sera bientôt placée dans tous les lieux sportifs
Une affiche sera bientôt placée dans tous les lieux sportifs
Crédit : DR

Insultes, violences psychologiques, physiques ou sexuelles. Depuis 2019, le Gouvernement s'attaque à la problématique des violences dans le milieu du sport. Ce lundi 24 mars, 150 personnes étaient attendues à l'Espace Georges Frêche de Mende (Lozère) pour une soirée de sensibilisation destinée aux clubs sportifs et aux collectivités locales. Parmi les actes signalés, 66% concernent des violences sexuelles et sexistes. Et comme dans le cinéma, il y a un avant et un après la libération de la parole.

Laetitia Denis est la référente prévention des violences au sein du sport dans le service départemental jeunesse et sport.

On en parle vraiment depuis 2019, avec la sortie du livre de Sarah Abitbol "Un si long silence", où elle a parlé de tous les viols qu'elle avait vécus dans sa carrière sportive. Il y a eu aussi une enquête de Disclose sur des violences dans le sport, qui montrait que des signalements avaient été faits, des sanctions avaient été prises, mais des éducateurs continuaient à travailler sur le terrain avec des mineurs et des sportifs. Donc aujourd'hui, l'une des mesures principales qui ont été prises dans le cadre du programme de prévention contre les violences, c'est que tous les ans, il y a un contrôle d'honorabilité de tous les éducateurs sportifs et des dirigeants de clubs. On va aller vérifier chaque année le casier judiciaire et le fichier des délinquants sexuels. 

En 2024, 49 fédérations sportives ont enregistré des cas de violence. Un chiffre qui montre que de très nombreux sports sont touchés par des comportements inappropriés, délictueux ou criminels. Et on trouve des auteurs et des victimes dans tous les champs du sport : entraîneurs, pratiquants, supporters ou parents. La Lozère n'est pas épargnée par le phénomène

Sur l'année 2024, on a eu deux enquêtes administratives au niveau du service départemental jeunesse et sport, qui ont amené à deux interdictions d'exercer d'éducateurs sportifs du territoire. Finalement c'est peu parce que la Lozère est le département avec le plus grand nombre de licenciés si on compare avec le nombre d'habitants. Dans l'Hérault, ce sont plus 90 enquêtes administratives par an. On peut se dire que deux ce n'est pas assez. C'est aussi le problème de l'omerta en Lozère, parce que tout le monde connait tout le monde et parfois les situations ne remontent pas parce que la personne est connue. Et avec cette campagne de communication, on espère sensibiliser le plus de gens possibles pour faire remonter les cas de violence, que les personnes soient victimes ou témoins.

Une campagne d'affichage va être déployée dans les structures sportives, y compris dans les toilettes des vestiaires pour pouvoir scanner le QR code et faire un signalement discrètement.

La plaquette d'informations : ICI

Le mail de la plate-forme de signalement : signal-sports@sports.gouv.fr