Publié : 26 mars 2025 à 11h18 par Hélène Gosselin

"Un coup de poignard à la spécificité de la justice pour mineurs"

Les acteurs de la justice et les syndicats ont manifesté ce mardi 25 mars devant le tribunal de Mende

Une vingtaine de personnes manifestait ce mardi 25 mars à Mende
Une vingtaine de personnes manifestait ce mardi 25 mars à Mende
Crédit : Hélène Gosselin

Devant le tribunal de Mende (Lozère), comme dans de nombreuses villes en France, les syndicats de la protection judiciaire de la jeunesse se sont mobilisés ce mardi 25 mars. Ils comptent défendre les spécificités de la justice des mineurs alors que la proposition de loi de Gabriel Attal était examinée au Sénat. Déjà adopté par l'Assemblée nationale, le texte fait l'objet de réserves de la part de la commission du Sénat qui l'a préalablement examiné. Trois points soulèvent des inquiétudes, notamment la restriction de l'excuse de minorité pour les plus de 16 ans, comme l'explique une représentante de la PJJ de Mende.

Et ça, c'est vraiment un coup de poignard à la spécificité de la justice pour mineurs, sachant que depuis 1791, ce principe existe. Même à 16 ans, il y a encore une spécificité. Ils sont encore dans l'enfance. La maturité n'est pas encore acquise. Nous ne sommes pas contre des sanctions. Il peut y avoir des sanctions judiciairesce sont souvent des sanctions qu'on appelle éducatives. Mais là, à partir du moment où on n'atténue pas les peines pour les mineurs et où on les calque sur les peines de majeurs, on ne prend plus du tout en compte leurs spécificités, on prend plus du tout en compte l'éducatif. C'est nier toutes les recherches sur la psychologie des adolescents.

Les deux autres points dénoncés sont l'application du dispositif de comparution immédiate aux mineurs et la sanction financière des parents.

Le deuxième point qui vraiment nous pose question, c'est la création d'une comparution immédiate pour les mineurs de plus de 16 ans. Et là clairement, il n'y a que du répressif, il n'y a plus du tout d'éducatif. Une comparution immédiate ne nous permettrait absolument pas de mettre du sens à son passage à l'acte, ne nous permettra pas du tout de travailler ses capacités empathiques, sa remise en question, la manière dont il met du sens à ce qui s'est passé pour lui à ce moment-là. Et ce qui nous pose aussi question, c'est la responsabilisation des parents. À travers des amendes, c'est clairement les stigmatiser, renforcer leurs problématiques sociales... et ce n'est pas du tout ce qu'on veut. Nous, on voudrait juste une politique ambitieuse pour la justice des mineurs et plus largement pour la protection de l'enfance. 

En Lozère, une cinquantaine de mineurs sont suivis dans le cadre judiciaire.