Publié : 27 février 2025 à 18h11 par Hélène Gosselin
Un rapport pointe les conditions indignes de détention à la Maison d'Arrêt de Mende
Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté vient de publier le compte rendu de sa visite en Lozère en mai dernier.
/medias/ghkOL68kap/image/Capture_d__cran_2025_02_27_1754431740675712361.jpg)
Surpopulation, vétusté, absence d'intimité... les conditions de détention sont souvent dénoncées en France, notamment par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Même dans les plus petits établissements pénitentiaires, les atteintes à la dignité sont fréquentes. Un exemple en Lozère où quatre contrôleurs ont visité la maison d'arrêt de Mende en mai dernier. Totem a pu consulter leur rapport.
Tout d'abord, comme dans de nombreuses maisons d'arrêt, c'est la surpopulation qui prévaut avec 74 détenus, des hommes adultes, pour seulement 48 places.
Dans les cellules, parfois insalubres, où cohabitent deux détenus, l'espace disponible est si faible qu'ils ont moins de 3m2 chacun. Ils n'ont pas de portes aux toilettes, de l'eau uniquement froide au robinet, ils rencontrent des problèmes de chauffage et pratiquement aucune fenêtre ne ferme, souligne le rapport.
Ces conditions de détentions constituent une violation du droit à l'intimité et à la confidentialité.
A l'extérieur des cellules ce n'est pas beaucoup mieux puisque la cour est dépourvue de tout équipement et l'ancienne chapelle transformée en gymnase est trop froide en hiver et trop chaude en été. Aucun terrain extérieur n'existe pour la pratique du sport. L'emploi des détenus est très limité et le nombre d'heures de cours insuffisant, alors que le taux de scolarisation est bon.
Le rapport pointe aussi l'utilisation systématique des menottes lors des extractions vers l'hôpital et pendant les examens médicaux. Par ailleurs, la Maison d'Arrêt dispose d'un système d'interprétariat par téléphone mais ne s'en sert pas.
Et cette liste est loin d'être exhaustive. Le rapport a été envoyé aux ministères de la justice, de la santé et de l'intérieur, qui n'ont émis aucune observation en retour.
La Direction interrégionale des services pénitentiaires de Toulouse, dont dépend le site, a refusé notre demande d'interview du chef d'établissement et de visite de la Maison d'Arrêt.