24 avril 2024 à 6h11 par Fanny Paul

"Les vendanges 2024 sont d'ores et déjà compromises" : les viticulteurs cantaliens et corréziens face aux gelées matinales d'avril

Entre -4 et 0 ° ont été enregistrés ces derniers jours dans nos départements. Les vignerons enregistrent déjà des pertes.

Vin rouge
Vin rouge
Crédit : pixabay.com

Nord Aveyron, Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Corrèze, Lot et bien d'autres départements. Partout le même constat : les gelées ont fait des dégâts sur les vignes. L’arrivée de la végétation a été trop précoce après les périodes ensoleillées et le gel l’a stoppé dans son élan. Il faudra attendre un peu pour en connaitre réellement les conséquences. Mais les vendanges 2024 paraissent d’ores et déjà compromises.

Contre-bourgeons

Stéphan Elzière est vigneron à Molompize dans le Cantal, il constate que "selon les parcelles, c'est 50 ou 100% des bourgeons qui ont gelé. D'autres bourgeons vont ressortir mais sont moins porteurs de raisins. Les contre-bourgeons portent toujours un peu de raison, ou c'est variable d'un cépage à l'autre, mais ça fait jamais des très grosses vendanges. La vendange 2024 est déjà compromise." Le vigneron évoque vraisemblablement une perte de 50 à 70 % de sa production.

Entre -4 et 0 °

Les gelées matinales ont poussé Stéphan Elziere à prendre des mesures pour sauvegarder son exploitation d'un hectare de vigne à Molompize. Stephan Elzuire a essayé les bougies à la paraffine. " La densité de bougies varie de 200 à 400 à l'hectare selon la température dont on doit se protéger. Une bougie, ça vaut entre 10 et 15 euros hors taxes, donc ça revient à 3 ou 4000 euros à l'hectare et la bougie, elle dure 8 à 10 heures. Donc sur un épisode de gel qui dure plusieurs jours, il faut plusieurs séries de bougies... Cette année, j'avais fait prévu quelques bougies pour une petite parcelle, mais je n'avais pas envisagé que j'en aurais besoin pour toute la parcelle". Il faudra attendre demain jeudi pour voir une amélioration des températures.

Haro sur le réchauffement climatique

Fortement impacté par la vague de gel, le vigneron Noël Séverin installé à Branceilles et d’autres collègues du Sud Corrèze engagés dans une démarche bio, alertent eux sur le réchauffement climatique. Alors qu’ils font leur possible pour limiter leur impact sur l’environnement, ils subissent comme les autres en ce moment les dégâts du gel tardif. Le froid a brûlé une partie des jeunes bourgeons sortis bien trop précocement. Le vigneron risque de perdre plus de la moitié de sa production. "2017, 2019, 2021, nous avons eu des gelées tardives qui impactent profondément nos récoltes, égrène Noël Séverin, 2023, nous sommes en milieu tropical, c'est-à-dire 28 degrès avec 100% d'humidité par rapport aux maladies que sont le mildiou par exemple, ça permet de les developper et donc de détruire les grappes. On avait déjà perdu au moins 50% de notre récolte l'année dernière. Cette année on va même pas être à 60%. il y a plein de questions à se poser". Le vigneron sera présent à Saint-Pantaléon-de-Larche ce week-end sur le salon du vin pour y défendre ses vins bio.